LA VIE NORMALE

 

« Si je dessine les femmes, c’est qu’elles ont dessiné tout au long de ma vie, tous les choix que j’ai pris. Délinées, en dictée, mes envies. Je suis l’œuvre séquelle de toutes ces beautés assassines qui m’ont marqué, changé, effacé, sculpté, abîmé, amélioré, aimé et détérioré, sublimé, embelli à leurs idées. Des courbes féminines à en perdre raison, à détruire les cloisons de tant de certitudes. A peindre leurs visages j’ai l’intime sensation, non pas de rendre grâce à leur nature cruelle qui a su me forger, édifiant édifice, mais d’enfin reconnaître essentielle en mon monde, l’empreinte inavouable qu’ont su avoir ces muses sur mon imaginaire, clémentes ou sanguinaires. Comme il leur est facile de diriger mon attitude, mes fébriles habitudes et le sens déboussolé des esquisses de regards que je n’invente en rien. Au fond, je ne les dessine pas.
Si mon art prend la forme que dictent leurs lèvres peintes ; elles sont œuvres et auteures de mes traits de crayons. »

 

 

LA VIE NORMALE

 

LA VIE NORMALE